Un regard scientifique sur les monothéismes depuis les origines jusqu’à l’époque moderne


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Le jeûne

par claire - publié le , mis à jour le

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« Pourquoi Jésus a-t-il jeûné ? »


Michel-Yves PERRIN :
« La querelle du chocolat »


Daniel-Odon HUREL :
« Le jeûne bénédictin entre commentaires de la Règle et pratiques (XVIIe-XXe s.) »


Simon ICARD :
« Les interprétations catholiques et protestantes de Mt 9, 14-17 aux XVIe et XVIIe siècles. »


Sylvio DE FRANCESCHI :
« Alimentation et morale monastique dans le catholicisme de l’âge classique »


Pierre LORY :
« Les vertus du jeûne dans la spiritualité sunnite »


Danièle Iancu-Agou :
« Le jeûne dans le judaïsme »

L’objectif du présent programme transversal était de partir des lignes de réflexion propres au catholicisme moderne pour en examiner la pertinence dans une perspective résolument comparatiste et largement ouverte aux trois monothéismes. Il s’agissait d’envisager le jeûne dans tous ses aspects, ecclésiastique, naturel, philosophique, collectif, ­individuel, mystique.

LE JEÛNE, SYMPTÔME DU PHÉNOMÈNE DE DISLOCATION ENTRE FOI ET PRATIQUE

Le programme transversal consacré à la pratique du jeûne dans les trois monothéismes entendait ouvrir à une perspective comparatiste une enquête par ailleurs commencée dans le cadre du seul catholicisme latin des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. À scruter le lent et apparemment irrésistible dépérissement des pratiques catholiques du jeûne et de l’abstinence ecclésiastiques, de la tentative de remise en ordre posttridentine à leur effacement pour ainsi dire complet au temps du concile Vatican II, avant le regain limité mais réel que l’on voit se dessiner au tournant des XXe et XXIe siècles et dont il est trop tôt pour savoir s’il est destiné à durer, on se trouve confronté directement au long phénomène de dislocation entre foi et pratiques dont Michel de Certeau a naguère souligné l’importance.
 Les relations entre croyance chrétienne et comportements sociaux se dénouent progressivement sans disparaitre.

Dans Le christianisme éclaté (1973), l’historien jésuite a longuement insisté sur le fait que les relations entre croyance chrétienne et comportements sociaux et même ecclésiaux se dénouaient progressivement sans disparaître : « Les pièces du système se désagrègent. Chacune d’elles change sourdement de sens, restant ici l’expression d’une foi, devenant là le repère d’un conservatisme ou l’outil d’une politique. Cela veut dire que l’institution chrétienne se lézarde, telle une maison désaffectée. » Dès la mi-XIXe siècle, peut-être même auparavant, le Carême n’est plus que la manifestation disciplinaire de l’appartenance ecclésiale des fidèles ; lorsque s’est estompée peu à peu l’ecclésialité propre au catholicisme – phénomène de distanciation qui va limiter la place de l’Église dans la religion –, les pratiques quadragésimales ont nécessairement marqué le pas.

Les catholiques n’ont pas pour autant complètement renoncé au jeûne et à l’abstinence ; pour les fidèles qui se sont obstinés à en respecter les préceptes, ils les ont seulement pratiqués chacun à sa manière.


DISSÉMINATION DE « LA CONSTELLATION ECCLÉSIALE »

Observances résiduelles auxquelles se sont récemment superposées de nouvelles pratiques de privations alimentaires qui ne sont plus essentiellement chrétiennes – on songe à la vogue des cures de détoxication recommandées par les médecines traditionnelles ou non conventionnelles – et qui viennent contribuer à une dissémination plus grande encore de ce que Michel de Certeau appelait « la constellation ecclésiale » : « D’un système d’expression de la foi chrétienne, il reste un lexique dont certains éléments servent à énoncer des interrogations nouvelles. » Devenus « veufs de l’institution ecclésiale », les catholiques ont délaissé des pratiques religieuses qui avaient été aux temps posttridentins « la forteresse silencieuse de l’Église ». Si l’évolution touche l’ensemble des prescriptions morales du catholicisme, le jeûne et l’abstinence sont un point d’observation assurément très précieux pour saisir l’ampleur et le rythme du mouvement par lequel les sociétés occidentales se sont déprises de leur conformation chrétienne.

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