Un regard scientifique sur les monothéismes depuis les origines jusqu’à l’époque moderne


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Jean-Daniel Dubois

Cohabitations et contacts religieux dans les mondes héllenistique et romain

par claire - publié le , mis à jour le

La notion d’« identité religieuse » recouvre des définitions plurielles, autant à l’intérieur d’un système religieux que pour des systèmes religieux organisés sur des bases différentes. Cette plurivocité explique que le sens du terme « identité » se dissolve dans une « mode » actuelle de la recherche et ait généré des terminologies alternatives (« métissage » ou « hybridité »...).
La notion d’« identité religieuse » étant intimement dépendante du contexte dans un monde romain multiculturel, l’investigation s’est poursuivie selon une perspective différente et complémentaire : celle des cohabitations et des contacts religieux.

QUATRE PISTES DE RÉFLEXION

| La cohabitation topographique des appartenances religieuses


— sa réalité dans des études de cas (en lien avec « Pratiques et lieux de culte » et le projet « CIRCE ») ;
— dépend-elle des conditions locales, de la structure politique ?
— change-t-elle avec l’évolution « mondialiste » des Empires ?
— dépend-elle du sentiment identitaire ?
— peut-elle être imperméable ? quels en sont les effets sur les définitions identitaires ?
— quelle signification donner aux successions topographiques (cf. le lucus Furrinae à Rome ou la synagogue de Sardes) ?

 

| Identité religieuse et langage culturel et conceptuel commun


— comment se déclinent des thèmes similaires (notionnels ou iconographiques) dans des systèmes religieux différents ? ;
— le langage commun comme condition du contact (cf. la Septante ou les théo-cosmogonies syriennes écrites à la grecque) ? ses conséquences ?
Les études peuvent être multiples : par ex. sur des questions de définition théologique (épiphanès, hypsistos, summus, megas, aether, etc.), sur des captations d’imagerie (le banquet des Sages), sur des utilisations formulaires en épigraphie (cf. les formules DM ou Agathè Tychè qui transcendent les appartenances religieuses), sur des cadres juridiques communs (cf. l’affranchissement par consécration au sanctuaire en monde grec, phrygien ou juif), etc. Ces questionnements exigent plus particulièrement une démarche comparatiste, afin d’évaluer si la nature de telle ou telle identité particulière induit un comportement propre en la matière.

 

| Statut de l’écrit et identités religieuses


- une tendance féconde de la recherche actuelle en histoire ancienne (en particulier anglosaxonne) examine le rôle de l’écrit et du multilinguisme dans les manifestations religieuses. On interrogera les diverses identités religieuses sur ce sujet. Une identité religieuse spécifique correspond-elle à un type d’écrit particulier (par ex. monothéisme et Écritures révélées, ou bien les formulaires spécifiques d’expression du voeu en fonction du système religieux de référence) ?
— À l’inverse, la nature des corpus documentaires à disposition (relations rituelles pour l’épigraphie religieuse païenne, corpus théologiques ou doctrinaux pour le judaïsme et le christianisme) a-t-elle des conséquences sur la façon dont les chercheurs l’abordent (cf. le débat entre histoire des religions et théologie) ? Ainsi sera peut-être donnée l’occasion de comprendre pourquoi les identités juives et chrétiennes se définissent différemment des identités « païennes ». Est-ce un effet de la nature différente des corpus documentaires à disposition, ou de la nature même – singulière — du religieux ?

| Contacts religieux et modification des identités


- comment les identités religieuses se modifient-elles à la faveur des contacts religieux et quelle part en revient, dans ce cas, aux cadres religieux dogmatiques ?
— la notion de « syncrétisme » est-elle épistémologiquement pertinente ?