Laboratoire d’études sur les monothéismes

Un regard scientifique sur les monothéismes depuis les origines jusqu’à l’époque moderne


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Néoplatonismes

par claire - publié le , mis à jour le

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Philippe HOFFMANN :
Pierre Hadot et la philosophie antique


PHILIPPE HOFFMANN
Les "Éléments de Théologie"
de Proclus : traduction et commentaire


PHILIPPE HOFFMANN
Du danger de ne point
parler selon quelques
néoplatoniciens

 

Le néoplatonisme – néologisme par lequel on désigne la forme que prit la tradition platonicienne après Plotin (IIIe siècle) – fut indubitablement la philosophie dominante de l’Antiquité tardive et fournit des penseurs de tout premier ordre tels Porphyre, Jamblique, Proclus ou Damascius. Pensée de la transcendance exaltant l’Un (et l’Intellect) et prenant souvent des atours mystiques, elle a su ériger des systèmes méta-physiques compacts, ciseler des concepts et contribuer ainsi à la naissance de la théologie comme science.
Sur ce plan, son impact sur la théologie chrétienne qui se développait en parallèle fut immense : il suffit de penser à Grégoire de Nysse, Origène, Augustin ou le pseudo-Denys. En même temps, les platoniciens tardifs ont su intégrer et sublimer, au moyen d’une exégèse fine et recherchée, des textes révélés du paganisme comme les Oracles chaldaïques, ainsi que le sacramentalisme de la théurgie, en élaborant une sorte de religion païenne d’élite face au christianisme montant.
L’influence du néoplatonisme sur les trois monothéismes abrahamiques se fit sentir sur la longue durée : par le biais de concepts théologiques comme l’unicité de Dieu ou son déploiement triadique, ou de textes comme ladite « Théologie d’Aristote », qui s’avère être en réalité du Plotin traduit en arabe.

 

| Un pôle incontournable
pour les études néoplatoniciennes

C’est toute la variété et la richesse du néoplatonisme qui se trouve au cœur des recherches menées par plusieurs membres du LEM, aussi bien individuellement que dans le cadre de programmes collectifs – ce qui rend le LEM un pôle incontournable, au niveau international, pour les études néoplatoniciennes. Des projets ANR ou LabEx antérieurs ont porté sur les Éléments de théologie de Proclus, ou encore sur le Liber de causis et sa réception chez Albert le Grand, tandis que les travaux personnels des chercheurs de l’Equipe 3 notamment couvrent une série d’auteurs essentiels du néoplatonisme de langue grecque, tels Porphyre, Simplicius ou Philopon.

 

| Deux originalités

Deux originalités des études néoplatoniciennes telles qu’elles sont menées au sein du LEM méritent d’être relevées :
(1) ces études embrassent différentes aires géographiques et culturelles : Augustin et les augustinismes en Occident ; la philosophie médiévale dans son ensemble ; l’ismaélisme et les ésotérismes du monde arabe, jusqu’à l’Ispahan du XVIIe siècle ;
(2) elles s’étendent sur la longue durée de l’histoire du monde occidental, méditerranéen et proche-oriental, en examinant aussi, en amont, les continuités avec le (néo)pythagorisme et le moyen platonisme, notamment dans leurs rapports avec l’hermétisme ou des courants gnostiques du premier christianisme, et en aval, les hybridations qui caractérisent le renouveau d’un platonisme pluriel pendant le XVe siècle byzantin (Pléthon) et la Renaissance italienne (Ficin, Pic de la Mirandole, cabbale), l’ombre portée de Platon sur les controverses autour de la Trinité au siècle de Louis XIV ou, plus récemment encore, le changement de paradigme dans l’interprétation des dialogues et des doctrines non écrites de Platon qu’a proposé l’École de Tübingen au XXe siècle.

 

| Bibliographie sélective

 

Simplicius. Commentaire sur les “Catégories” d’Aristote, Chapitres 2-4, Paris, Les Belles Lettres, 2001.
Ph. Hoffmann : traduction (p. 3-69) (avec la collaboration de Pierre et Ilsetraut Hadot), Commentaire par Concetta Luna.

Plotin,Traité 49 – V, 3,
trad. Bertrand Ham,
Paris, Éd. du Cerf, 2000.

Genèses antiques et médiévales de la foi
,
C. Grellard, P. Hoffmann, L. Lavaud (dir.),
Turnhout, Brepols-Institut d’études augustiniennes, 2019.

Plotin ou La simplicité du regard
Pierre Hadot, Paris, Gallimard, 1997.

Plotin, Porphyre. Etudes néoplatoniciennes
Pierre Hadot, Paris, Les Belles Lettres, 1999.

Neoplatonism in the middle Ages. New Commentaries on ’Liber de Causis’ and ’Elementatio Theologica’

D. Calma (dir.), Turnhout, Brepols, 2016.

Études de philosophie ancienne
Pierre Hadot, Paris, Les Belles Lettres, 2010.

Langage des dieux, langage des démons, langage des hommes dans l’Antiquité
L. G. Soares Santoprete, Ph. Hoffmann (dir.)
Turnhout, Brepols, 2017.

Dictionnaire des philosophes antiques, Richard Goulet (dir.), Paris, CNRS Éditions, 2012-2017.

Formen und Nebenformen des Platonismus in der Spätantike,
Luciana Gabriela Soares Santoprete, Helmut Seng, Chiara O. Tommasi (dir.), Winter Verlag 2016.

On Pythagoreanism, C. Macris, G. Cornelli, R. McKirahan, (dir.), Berlin, De Gruyter, 2013.

Albert le Grand et la philosophie, Alain De Libera, Paris, Vrin, 1990.
Prix Montyon de l’Académie française, 1992.

Thierry of Chartres, The Commentary on the De Arithmetica of Boethius.Edited with an Introduction by Irene Caiazzo, Toronto : Pontifical Institute of Mediaeval Studies (Studies and Texts, 191) 2015.

Édition : Magika logia tôn apo Zoroastrou magôn, Georgiou Gemistou Plêthônos Exêgêsis eis ta auta logia. Oracles chaldaïques. Recension de Georges Gémiste Pléthon. Éd., trad. et commentaire B. Tambrun-Krasker, Athens- Paris-Bruxelles, The Academy of Athens-Vrin-Ousia, 1995.

 

L’ombre de Platon. Unité et Trinité au siècle de Louis Le Grand, Brigitte Tambrun, Paris, Honoré Champion, 2016.